MICRO-RÉSIDENCE ARTISTIQUE ET DE DOCUMENTATION • CENTRE D’ART LES TANNERIES 

En lien avec le fil de saison de programmation Draw Loom et la politique de documentation visuelle du centre d’art, Christian Globensky a été invité à effectuer sur 2021 et 2022 une micro-résidence composée en trois temps (hiver, printemps et été) afin de produire une documentation singulière – littéralement détaillée et décalée – des espaces du centre d’art, qui entre profondément en écho avec une des particularités de sa démarche artistique.

Artiste, auteur et pédagogue, Christian Globensky œuvre sous la bannière de la Keep Talking Agency, aussi appelé KTA Studio, ou KTA Éditions, selon les différentes activités qu’il réalise, produit, édite et distribue. Un atelier d’artiste donc, un laboratoire d’art et d’idées. Artiste plasticien, il travaille l’installation à partir des pratiques de l’écrit, de l’objet, de la performance et de la photographie. Docteur en Arts et Sciences de l’Art et diplômé des Beaux-Arts de Paris, Christian Globensky enseigne la pratique et la théorie des arts médiatiques à l’École Supérieure d’art de Lorraine/Metz. Il est représenté par la Galerie Stéphane Mortier à Paris.

Une particularité de son travail d’artiste est de photographier les espaces d’exposition dans leur aspect de contenant, en soustrayant le contenu qui y est présenté. Ce qui revient à dire qu’il ne photographie pas les œuvres exposées, mais ce que l’on voit lorsque l’on détourne le regard de celles-ci. Si comme le pensait Marcel Duchamp, « ce sont les regardeurs qui font les tableaux », Christian Globensky estime que ce sont les visiteurs qui font les œuvres : il faut simplement, en un déclic, les activer.

Ce faisant, il essaie toujours d’aborder les musées et centres d’art qu’il photographie en se laissant transformer par eux, sans offrir de résistance : c’est alors un lâcher-prise qui oriente peu à peu les prises de vues. Il traque ainsi les recoins des musées, centres d’art et fondations afin de prendre littéralement conscience de ce qui se joue dans les marginalia de la monstration, c’est-à-dire de saisir ce que l’on voit quand on ne regarde plus les œuvres exposées. À travers ces photographies, Christian Globensky se met en quête d’une manière d’être présent au monde, dans une forme de suspension du temps censée ouvrir les portes à une autre perception de ce dernier. Ce faisant, il cherche intrinsèquement à capter et exprimer la présence du présent et à entrevoir la possibilité de percevoir et de comprendre que ce que nous regardons est aussi une entité – vivante ou non – qui nous regarde.

À travers l’usage du médium photographique, Christian Globensky élabore donc des œuvres réflexives sur les musée et les centres d’arts qui sont autant d’invitations faites aux visiteurs à vivre ces espaces de manières différentes, renouvelées.

Cette démarche entre particulièrement en résonance avec le projet d’établissement du centre d’art, ses différentes lignes de programmation et la stratégie de communication éditoriale qui les accompagne. En cela, la micro-résidence artistique et de documentation menée par l’artiste prend tout son sens, d’autant plus que la spécificité des Tanneries et des espaces qui les composent s’exprime dans leurs recoins mêmes, entre visibilités et invisibilités de leur passé industriel et des créations contemporaines qu’ils accueillent.


>> Une première phase de résidence s’est déroulée du 29 novembre au 1er décembre 2021 et a donné lieu à l’élaboration de contenus visuels qui s’expriment ci-dessus sous la forme de teaser visuels.
Pour la suite, il faudra être encore un peu patient !

[ Tissage et tirages en cours… ]


À la croisée de la démarche artistique et de la prestation de documentation photographique, la micro-résidence de Christian Globensky est exemplaire de la volonté du centre d’art de faire en sorte que les pratiques de documentation et d’éditorialisation qu’il met en œuvre fassent place à l’émergence de gestes artistiques inédits ou poursuivis.