
Anatomie du sourire, KTA éditions, Art & paper diffusion, Conception graphique : KTA Studio. 2014.
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Un livre, un catalogue petit format, intitulé Anatomie du sourire, éditions Keep Talking Agency, et sera distribué par Art & paper à l’automne 2024. https://verso.nancy.fr/detail-article/anatomie-du-sourire-carte-blanche-a-christian-globensky
Un livre et un catalogue donc, autour d’une exposition « carte blanche » réalisée au Musée des Beaux-Arts de Nancy à l’automne 2022 / hiver 2023, intitulée « Dédale muséal ». Huit installations disséminées dans le musée, trois acquisitions dont deux accrochés de manière permanentes dans le musée. Avec une large introduction de Susana Gallego-Cuesta, directrice du Musée, et un texte d’auteur, Anatomie du sourire, justement :
« On peut arborer un sourire du matin au soir, et ce, sur une vie entière mais on ne peut pas rire perpétuellement, au risque d’en perdre la raison. Dans cette perspective, on réalisera rapidement que le sourire s’est longtemps fait rare dans la grande histoire de l’art et de ses représentations. Et pour cause, le sourire est la plus discrète manifestation des tensions verticales, cette légère ascension des commissures des lèvres, tensions verticales que nous dépeindrons ici comme un saisissement esthétique. Auréolées de mystère, formes d’illuminations privées, les tensions verticales se définissent aussi en rapport avec les formes d’autorité qu’elles tutoient. À l’aide de quelques exemples esthétiques liés à la sculpture, ainsi qu’à mon travail d’artiste plasticien, les allégations qui suivent devraient nous inciter à introduire une langue alternative dans l’optique de transformer tout un groupe de phénomènes liés à la spiritualité, la religion, la morale et l’ascèse en de nouvelles expériences recentrées sous l’égide du phénomène esthétique ».
Prémisses d’une anatomie du sourire et considérations capilotractées.
« C’est en ces termes précisément que je pense ma rencontre avec le travail de Christian Globensky – capilotractée, comme on dit non sans humour. Certes une question de cheveux, mais surtout une affaire de chance à saisir. L’Occasion s’est pourtant présentée à moi de manière répétée, à croire qu’il y avait insistance de la Fortune ! Il y a sept ans, une amie facétieuse m’offre une gomme verte qu’elle a trouvée dans un musée en me disant qu’elle a pensé à moi en la voyant. « Je suis parfaite », dit le petit objet, qui m’accompagne depuis dans tous mes déménagements, et que je n’utilise bien sûr sous aucun prétexte. Quelques semaines après mon installation à Nancy en juin 2019, ma gomme verte bien en évidence sur mon bureau, je reçois dans mon courrier deux livres aux titres décoiffants : Comment j’ai appris à me tenir droit, et Comment on devient Bouddha – selon Nietzsche. Je les feuillette, intriguée, et reste rêveuse. La prise de poste est intense, l’adaptation à la nouvelle ville et au nouveau cadre de travail me laissent peu de temps et de disponibilité d’esprit pour creuser plus avant.
Quelques jours plus tard, un photographe me demande l’autorisation d’intervenir pour des prises de vue dans le musée que je dirige. Il souhaite les présenter lors d’une rencontre organisée par la Maison de l’Architecture de Lorraine dans l’auditorium. « Avec plaisir ! » Ce n’est que là, enfin, que je réussis à comprendre les appels du pied insistants et réitérés de ce pauvre Kairos délaissé par l’industrieuse nouvelle directrice : KTA, je suis parfaite, les deux Comment, et les photographies qui me frappent ce jour-là à l’écran, sont toutes des idées qui ont germé dans la tête de la même personne, Christian Globensky.
Il est l’individu devant moi qui parle calmement et d’un air de ne pas y toucher de questions épineuses telles que l’image sans qualités, l’interstice ou l’infra-mince. Et il est le même individu, huluberlu devrais-je écrire, qui me provoque sans le savoir depuis plusieurs années. Les images qu’il a réalisées dans le musée me fascinent, parce qu’elles refusent toute spectacularité, et qu’elles sont pourtant auréolées de mystère. Comment une simple embrasure de porte défraîchie peut se parer d’une telle puissance de suggestion ? Et qu’est-ce qui est suggéré ? Je me débats dans l’indécidable, et finis par me laisser porter par l’humour érudit de l’auteur. Je dois dire qu’avant même de l’avoir rencontré, j’avais déjà commencé à l’écouter. » • Susana GÁLLEGO CUESTA


